?? Pourquoi dit-on que les billets que l'on détient ne sont qu'une créance sur le gouvernement sans intérêts ?

La banque centrale, comme une entreprise, a un actif et un passif. Lorsqu'elle veut augmenter son actif, disons, par exemple, qu'elle veuille acheter un actif financier, elle a deux possibilités :

- elle peut soit demander la monnaie dont elle a besoin sur le marché (en émettant un prêt comme le ferait une entreprise)

- elle peut tout simplement créer la monnaie dont elle a besoin, puisqu'elle détient ce pouvoir (supposons ici que cette création se fasse sous forme de billets pour simplifier les choses)

Dans les deux cas, la banque centrale aura une dette : la première avec une échéance fixée dans un contrat explicite et avec un taux d'intérêt donné, la deuxième sans échéance et sans taux d'intérêt. La monnaie créée correspond donc à une ressource gratuite pour la banque centrale, la seule chose que vous pouvez exiger en vous présentant au guichet de la banque centrale est de nouveaux billets en l'échange de vos anciens. Vous avez donc une créance sans intérêt qui peut seulement vous être remboursée en une nouvelle créance sans intérêt. Comme la banque centrale est une entité conceptuellement sous la tutelle de l'état, vous avez en fait une créance sur le gouvernement. Bonne nouvelle donc, vous êtes certain qu'il pourra toujours vous la rembourser… ce qui caractérise notre système actuel de « fiat money ».

 

J.P.

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Julien Pinter est chercheur (PhD) en Economie monétaire et bancaire à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il travaille notamment sur les questions relatives aux risques aux bilans des banques centrales et sur la soutenabilité des pegs. Il a des expériences de travail à la Banque Centrale Européenne et à la Banque de France en particulier. Il a été visiting researcher à l'Université d'Amsterdam, a travaillé à l'Université de Bruxelles Saint-Louis et étudié à l'Université de Stockholm. Julien Pinter est diplômé du Master Monnaie Banque et Finance de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (major de la promotion 2012) et du Magistère d'Economie de Paris 1.