Changement climatique, un obstacle à l'éradication de la pauvreté

Résumé :

 

·  Les dérèglements climatiques qui s'annoncent risquent de menacer l'éradication de la pauvreté de manière significative notamment en Afrique et en Asie du Sud.

 

·  Le changement climatique agit sur la pauvreté via trois canaux principaux : la baisse de la production agricole, la hausse de la fréquence des désastres naturels et la dégradation de l'état de santé.

 

·  Il apparaît nécessaire de concilier politiques de lutte contre la pauvreté avec les politiques contre le changement climatique pour éviter que la situation ne s'aggrave. Des mesures concrètes doivent être prises le plus rapidement possible.

 

 

 

 

En cette fin d'année, un nouvel accord mondial sur le changement climatique est attendu lors de la COP21 qui aura lieu à Paris. Cette conférence internationale sur le climat est l'occasion de dresser un bilan sur les conséquences en termes de développement et de pauvreté du changement climatique. Sans mesures adéquates contre le réchauffement climatique, 100 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber sous le seuil de la pauvreté d'ici 2030 (Banque Mondiale, 2015). Dans cet article, nous allons montrer que  le changement climatique représente une menace pour l'éradication de la pauvreté.

Les populations pauvres des pays en développement seront plus durement touchées par les chocs climatiques en raison de leur situation géographique, de leur forte dépendance aux ressources naturelles et de leur manque de moyen matériel pour se protéger contre ces risques. Une enquête menée par Andhra Pradesh pendant 25 ans auprès des ménages en Inde montre que si 14 % des ménages arrivent à sortir de la pauvreté, 12 % finissent par retomber dans la pauvreté dont 44 % d'entre eux à la suite d'un choc climatique (Krishna, 2006). Le facteur climatique est présent dans de nombreux chocs qui maintiennent les populations dans la pauvreté. Le changement climatique risque de jouer sur trois facteurs responsables de la pauvreté : dégradation de la sécurité alimentaire, augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles et dégradation de l'état de santé.

 

 

Changement climatique, sécurité alimentaire et pauvreté

 

Les changements climatiques affectent significativement les systèmes de production agricoles à travers une baisse de la production ce qui menace la sécurité alimentaire. Certains de ces effets sont déjà observables dans les régions vulnérables, notamment en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, où vivent une majorité des personnes en situation de pauvreté.

Le cinquième rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'experts d'évolution du climat) datant de novembre 2014 a mis en avant que les dérèglements du climat engendreront une baisse de la production alimentaire : les cultures ne sont pas adaptées pour réagir aux chocs climatiques (variation de températures et d'intempéries). Si ces impacts demeureront relativement limités à court terme, sans aucun effort d'adaptation, les conséquences à long terme seront importantes notamment dans les zones tropicales. D'après la Banque Mondiale, d'ici 2080, la production pourrait baisser de 23 % en Asie du Sud, de 17 % en Asie de l'Est et Pacifique et de 15 % en Afrique (Havlík et al., 2015). Cette baisse de la production menacera la sécurité alimentaire dans des pays où la situation est déjà préoccupante. De plus, le secteur agricole employant une part importante de la main d'œuvre nationale, cela aura des conséquences non négligeables sur la pauvreté en générant des pertes conséquentes de revenus (Tableau 1).

 

Tableau 1 : Chocs climatiques et pauvreté dans cinq pays (Wodon et al., 2014)

% de ménages qui déclarent avoir subi des impacts économiques relatifs à un choc climatique

 

Source : Wodon et al. (2014)

Note : Etude portant sur cinq pays au Moyen-Orient et Afrique du Nord. Les ménages indiquent les impacts subis par les chocs climatiques au cours des cinq dernières années.

 

La baisse de la production suite aux chocs climatiques aura pour effet d'augmenter les prix des produits alimentaires. Les pays en développement, principalement en Afrique Subsaharienne et en Asie du Sud, où se concentre une forte population pauvre seront les plus touchés par cette hausse de prix. Dans le pire des scénarii, les prix agricoles augmenteront de 12 % d'ici à 2030 et de 70 % d'ici à 2080 en Afrique Subsaharienne (Banque Mondiale, 2015). En Asie du Sud, cette augmentation sera de 5 % d'ici à 2030 et de 23 % d'ici à 2080. Les ménages les plus pauvres consacrant déjà une part importante de leurs revenus aux biens alimentaires (Graphe 1), il n'est pas sûr qu'ils puissent en tant que consommateurs supporter une telle hausse des prix.  Ils devront probablement réduire leur consommation alimentaire au détriment de leur niveau de santé à moins que l'état n'intervienne et ne subventionne la production agricole ce qui augmentera les dépenses publiques. Si aucune mesure politique n'est prise, une hausse des prix alimentaires de 10 % se traduirait par une baisse de l'apport calorique quotidien de 72 kilocalories (Green et al. 2013).

 

Graphe 1 : Part de la consommation totale consacrée au poste boisson et nourriture par région et niveau de consommation (2010)

Source : Auteur utilisant les données de la Banque Mondiale (2010)

 

Pour les producteurs agricoles, la hausse de prix pourrait se traduire par un accroissement des salaires et des profits. Un effet non négligeable quand, pour beaucoup de ménages pauvres, l'agriculture est une source de revenu (Banque Mondiale, 2015). Sur le long terme, seulement une petite partie de la population pourra bénéficier de cette hausse des prix, tandis que le reste des travailleurs agricoles sera contraint de trouver d'autres moyens de subsistance en se dirigeant vers des secteurs de production plus lucratifs. Il est donc possible que cela génère un exode rural et un changement important de la structure de l'économie.

Les ménages pauvres feraient donc face à deux effets contraires de la hausse des prix : un effet positif sur les profits agricoles (pour les producteurs agricoles) et un effet négatif sur la consommation (pour tous). La plupart des études s'accordent cependant pour dire que l'impact global sera négatif. Une étude menée par Ivanic et Martin (2014) montre ainsi qu'une hausse de 10% des prix alimentaires entraînera à court terme une hausse en moyenne de 0,8 point de pourcentage le taux d'extrême pauvreté même si la situation varie selon les pays (Graphe 2). Dans le passé, des épisodes nous confirment cette relation entre hausse des prix agricoles et pauvreté. La hausse mondiale des prix alimentaires entre juin et décembre 2010 (hausse moyenne de 37%) a entraîné une augmentation du nombre de personnes en situation d'extrême pauvreté de 44 millions (Ivanic, Martin et Zaman, 2012).

 

Graphe 2 : Impact d'une hausse uniforme de 10%, 50% et 100% des prix alimentaires sur la pauvreté

 

Source : Auteur utilisant les résultats de l'étude d'Ivanic et Martin (2014).

 

Les ménages pauvres non agricoles seront les plus touchés car ils ne profiteront nullement de l'effet positif de la hausse des prix. Ainsi, la hausse des prix alimentaires résultant du changement climatique augmentera les taux de pauvreté des ménages non agricoles de 20% à 50% en Afrique et Asie (Hertel, Burke et Lobell, 2010).

Quelques mesures peuvent être prises pour limiter l'impact négatif sur la sécurité alimentaire. L'amélioration des infrastructures et un accès accru aux marchés agricoles locaux et internationaux peuvent aider à contrebalancer les chocs de production liés aux dérèglements climatiques. Ainsi, l'ouverture aux marchés mondiaux (baisse des droits de douanes par exemple) et toute mesure réduisant l'isolation des marchés régionaux (construction de routes par exemple) pourraient limiter les conséquences des chocs de production locaux (Ndiaye, Maitre d'Hôtelet le Cotty, 2015). L'amélioration des pratiques agricoles et des cultures en les rendant plus résistantes au changement de climat est également nécessaire. Ceci peut passer par l'utilisation d'engrais plus adaptés, le développement de la polyculture qui renforce la résistance des cultures ou par  l'amélioration des systèmes d'irrigation (en cas de sécheresse). Enfin, pour éviter les impacts à long terme, il est essentiel de repenser l'utilisation actuelle des forêts et terres agricoles qui sont aujourd'hui une source première d'émissions de CO2 dans les pays pauvres (Banque Mondiale, 2015).

 

 

Changement climatique, catastrophes naturelles et pauvreté

 

Avec les dérèglements climatiques, les chocs naturels vont devenir plus fréquents. Les changements de températures et de précipitations vont augmenter la fréquence des inondations, des sécheresses, des vagues de chaleur (IPCC, 2013 ; Banque Mondiale, 2015).

Les chocs naturels sont un facteur aggravant de pauvreté. Ainsi, au Bangladesh, après le Cyclone Aila, dans le sous-district de Shyamnagar, le taux de pauvreté (population vivant avec moins de 1,25 UD par jour) est passé de 41 % à 63 % entre 2009 et 2010 (Akter et Mallick, 2013). Pour les ménages les plus pauvres, les conséquences des désastres naturels ont tendance à perdurer dans le temps (Banque Mondiale, 2015). Suite à une catastrophe naturelle, les enfants des familles les plus pauvres sont déscolarisés et ne retrouvent que rarement le chemin de l'école ce qui nuit à leurs revenus futurs. Les ménages pauvres exposés à des chocs climatiques ont tendance à investir dans des actifs moins risqués et moins rentables, ce qui les maintient dans la pauvreté.

Les zones à risque sont habitées à la fois par des populations aisées et des ménages plus pauvres. Ces régions peuvent offrir des opportunités économiques qui attirent des ménages riches. Par exemple, la proximité de la côte est synonyme de coût de transports maritimes réduits et des inondations régulières peuvent augmenter la productivité agricole (Loayza, et al. , 2012). Les prix de l'immobilier dans ces régions sont cependant relativement faibles et attirent souvent les populations défavorisées. Ces zones concentrent donc à la fois une population aisée et une population pauvre. Le rapport récent de la Banque Mondiale (2015), en combinant des données de différentes sources dans 52 pays, arrive à la conclusion que les personnes pauvres résidant en Afrique de l'Ouest sont plus exposées aux inondations que leurs voisins plus aisés. Leurs conclusions sur le risque de sécheresse sont encore plus alarmantes. Dans la plupart des pays d'Asie, du Sud et de l'Est de l'Afrique les ménages pauvres sont plus exposés aux sécheresses.

En moyenne, les pauvres sont donc plus vulnérables aux risques naturels et quand ils sont touchés, ils perdent davantage que les personnes plus aisées (Banque Mondiale, 2015). Une étude au Bangladesh a ainsi montré que les ménages pauvres ayant subi des inondations avaient perdu 42% du revenu du ménage contre seulement 17% pour les autres ménages victimes également des inondations. Cette différence s'explique par plusieurs facteurs.

Tout d'abord, les pertes subies sont supérieures pour les populations défavorisées car elles possèdent des actifs de moins bonne qualité et plus vulnérables. Les ménages pauvres investissent davantage dans des actifs en nature comme le bétail qui sont plus vulnérables aux chocs climatiques (Nkedianye et al. 2011). Au contraire, les personnes plus aisées choisissent plutôt d'investir dans des logements de meilleure qualité et dans des actifs financiers. Les ménages pauvres habitent des logements de mauvaise qualité (maisons faites de bois, bambous, boue) qui seront davantage endommagées en cas d'inondation.

Comme précisé précédemment, les personnes pauvres dépendent davantage de l'agriculture comme moyen de subsistance et comme source de revenu. Or, les désastres naturels ont des conséquences importantes sur les systèmes agricoles (Banque Mondiale, 2015). Suite à un choc naturel, les prix alimentaires augmentent. Ainsi, par exemple, 10 mois après la tempête Agatha qui a frappé le Guatemala en 2010, les prix alimentaires avaient augmenté de 17 % (Baez et al. 2014). Or les populations pauvres sont plus sensibles à ces hausses de prix (Banque Mondiale, 2015).

Enfin, les désastres naturels ont également un impact sur la santé et l'éducation, plus important sur les populations pauvres. Ainsi, en Afrique subsaharienne, après les chocs climatiques, les ménages pauvres ont diminué les apports nutritionnels pour leurs enfants et réduit les visites médicales (Alderman, Hoddinott et Kinsey, 2006 ; Dercon et Porter, 2014). Les enfants touchés par des inondations sont également moins susceptibles de finir leur école primaire (Alderman, Hoddinott et Kinsey, 2006 ; Dercon et Porter, 2014).

Des mesures politiques peuvent être prises pour limiter l'impact négatif des désastres naturels liés aux changements climatiques sur la pauvreté.

Comme nous l'avons constaté, les personnes pauvres vivent dans des régions risquées d'abord à cause du prix des loyers. Des politiques d'encadrement des loyers pourraient aider à développer des zones plus sécurisées. Le manque d'accès à des infrastructures adaptées explique pourquoi les personnes pauvres souffrent davantage lors d'un désastre naturel. Par exemple, le manque de canalisation augmente les dommages suite à des inondations. Pour remédier à cela, les pays ont besoin d'investir davantage dans les infrastructures des zones à risque. Il faut également repenser les types d'investissement à mener. Les nouvelles infrastructures doivent pouvoir résister aux changements climatiques futurs. Investir dans des infrastructures de protection comme des digues par exemple pourrait aider les ménages à faire face aux aléas climatiques. De tels projets sont déjà en cours dans certains pays du monde comme le projet d'approvisionnement en eau à Lima de la Banque Mondiale. Les écoles et les hôpitaux doivent aussi pouvoir supporter les chocs naturels. Un projet « SafeHospitals » a par exemple été mis en place par l'OMS, l'International Strategy for Disaster Reduction et la Banque Mondiale.Des aménagements peuvent permettre aux habitations des plus pauvres de pouvoir supporter les chocs climatiques qui aujourd'hui sont particulièrement vulnérables aux inondations et aux glissements de terrain. Interdire tout simplement l'installation dans ces zones risquerait d'avoir un effet pervers en forçant les populations démunies à s'implanter dans des zones encore plus vulnérables et de manière informelle. Il est nécessaire de compléter les réglementations d'occupation de sols par des investissements qui permettraient aux personnes pauvres de s'installer dans des zones plus sûres tout en gardant leurs emplois et des services adéquats. Améliorer l'accès aux services financiers via des comptes mobiles par exemple aiderait à réduire les impacts des chocs naturels pour les plus pauvres. Enfin, des mesures de prévention, surveillance et évacuation peuvent aussi être utiles.

 

 

Changement climatique, santé et pauvreté

 

Le troisième canal qui explique le lien entre changement climatique et pauvreté passe par la santé. Les changements climatiques vont avoir des conséquences en termes de santé pour les populations les plus pauvres et les personnes vulnérables comme les enfants et les personnes âgées. Or, les problèmes de santé sont une source majeure de pauvreté. Au Kenya, 73 % des ménages ont déclaré que les dépenses de santé étaient une des raisons principales de leur pauvreté (Krishna et al. 2004).  Les personnes pauvres sont plus affectées par les chocs de santé car elles ont moins de ressources disponibles à consacrer à la prévention et parce qu'elles n'ont accès qu'à des systèmes sanitaires de mauvaise qualité.  Les ménages les plus pauvres, ne disposent pas des systèmes de sécurité sociale qui leur permettraient de faire face à ces chocs (Watts et al., 2015). Les chocs de santé limitent la productivité et contribuent à des baisses de revenus, des augmentations des dépenses de santé, ce qui constitue un obstacle de plus à la réduction de la pauvreté.

Les dérèglements climatiques vont aggraver la prévalence de certaines maladies chez les ménages les plus pauvres. Ainsi, les hausses de températures favorisent l'émergence des maladies infectieuses vectorielles comme la malaria (Siraj et al., 2014). Une hausse de 2 ou 3 degrés Celsius pourrait entraîner une propagation de la malaria à 150 personnes supplémentaires (OMS, 2003).

Les conséquences du changement climatique sur la production alimentaires et les désastres naturels décrits précédemment poussent les personnes pauvres à réduire leur apport calorique ce qui représente un obstacle pour l'éradication de la malnutrition.

Les vagues de chaleur associées au réchauffement climatique (IPCC, 2014) touchent en priorité les populations pauvres à cause de leurs mauvaises conditions de vie, de la mauvaise qualité des habitations et d'un manque d'accès à l'air conditionné. Ces vagues de chaleur sont susceptibles de réduire significativement la productivité des travailleurs qui subiront des pertes de revenus (Seppänen, Fisk et Lei, 2006).

Outre une amélioration des infrastructures sanitaires nécessaire et un accès accru à l'éducation pour les femmes notamment, des mesures concrètes peuvent aider à limiter l'impact du changement climatique sur la pauvreté via une détérioration de la santé. La Banque Mondiale (2015) préconise ainsi la mise en place rapide d'un système de santé universelle pour permettre aux personnes les plus vulnérables de se protéger contre ces risques.

 

 

Conclusion

 

Les conséquences du changement climatique pourraient donc être désastreuses pour les populations les plus pauvres. Cette situation n'est cependant pas inéluctable. Il est important de mettre en place des systèmes de protection sociale très réactifs et capables de se mobiliser lors de crise. Développer une couverture de santé pour les populations les plus vulnérables évitera que les dérèglements climatiques ne détériorent le niveau de santé des plus pauvres. Dans le domaine agricole, améliorer et changer les techniques de production permettra de limiter la baisse de la production tout en respectant l'environnement.

Ces politiques doivent aller de pair avec des mesures de réduction des émissions de CO2. Ces politiques, qui ont un coût en termes d'investissement et d'énergie, doiventêtre conçues pour ne pas ralentir le recul de la pauvreté à court terme. Des politiques de redistribution ainsi que la mise en place de systèmes de protection sociale pourraient permettre aux gouvernements de protéger les plus pauvres. Une taxe carbone, par exemple, pourrait générer des ressources supplémentaires pour augmenter la protection sociale et financer les investissements dans les infrastructures liés au développement.

Ces mesures doivent être prises d'ici 2030 avant que les impacts du changement climatique ne soient trop importants. Les négociations de la COP21 doivent aider à éradiquer la pauvreté.

 

 

Sources

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Diplômée de l'ESCP Europe ainsi que de l'Université Paris-Dauphine où elle a obtenu une thèse en Sciences économiques, Marine est actuellement maître de conférénce à l'Université Paris-Est Marne-La-Vallée. Elle est également chercheuse associée à DIAL, une unité mixte de recherche entre l'Université Paris-Dauphine et l'Institut de Recherche pour le Développement. Ses principaux centres d'intérêt portent sur les problèmatiques relatives à l'économie du développement, l'économie de l'éducation et l'évaluation des politiques publiques. Marine De Talancé est membre du comité éditorial.