??? Une politique monétaire ULTRA non-conventionnelle ?

Dans l'actualité: Il y a quelques jours, la canadien Mark Carney est devenu le nouveau gouverneur de la Banque centrale d'Angleterre. Ce dernier est réputé pour ses prises de position en faveur des politiques monétaires plutôt assez accomodantes. Bientôt de nouvelles politiques monétaires non conventionnelles au Royaume-Uni ?

 

Nous avons déjà eu l'occasion de revenir sur le concept de "politiques monétaires non conventionnelles", qui se différencient d'une politique monétaire "conventionnelle" de par leurs modalités d'application (le canal habituel "contrôle des taux à court terme --> contrôle de l'inflation" n'est plus celui retenu ici).

 

Le concept de "politique monétaire ULTRA non conventionnelle" est employé par Patrick Artus dans le Flasheco Natixis n°490. Pour ce dernier, l'excès d'endettement est la raison principale de l'absence de croissance dans les pays de l'OCDE. Une solution à ce problème serait donc que les banques centrales « détruisent de la dette », en les achetant et les réduisant. C'est ce que Patrick Artus appelle une politique monétaire « ultra non conventionnelle ».

 

Quelles seraient les modalités de mise en œuvre ? Le chef économiste de Natixis (Flasheco n°490) cite deux modalités possibles :

- annuler une partie de la dette achetée par la banque centrale

- baisser les taux d'intérêt sur les dettes achetées par la banque centrale

 

Cependant, dans les deux cas, une perte se retrouveraient ensuite au capital de la banque centrale (ou de moindre profits dans le second cas), celle-ci ne distribuerait alors aucun dividende à l'Etat (ou de moindres dividendes dans le second cas) pendant la période de reconstitution de son niveau de capital initial (à supposer qu'il était optimal). La dette implicite de l'Etat serait donc en fait la même…

Pour que ceci ait un effet il faudrait donc que les acteurs économiques n'intègrent pas cet argument et se concentrent sur la dette « nominale » (n'est-ce pas le cas ?). A moins que l'impact sur les déficits (qui baissent dans les deux cas étant donné le moindre service de la dette) soit un élément suffisamment important pour la relance de la croissance.

 

 

Julien P.

 

 

Références

Patrick Artus (2012) "Les politiques monétaires conventionnelles et non-conventionnelles sont inutilisables ou inefficaces ; il ne resterait que les politiques monétaires radicalement non conventionnelles", Flasheco Natixis n°490